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Nicolas Fargues, Le Roman de l’été

By admin, 11 février 2010 17:49

                  Vue sur la mer

L’acuité d’un regard sur les petites misères de l’époque : Nicolas Fargues s’inscrit dans la comédie sociale, esprit Bacri-Jaoui. Une influence cinématographique qu’il revendique pleinement. Ce sera donc une chronique douce-amère, construite comme un scénario, que son Roman de l’été.

John Bennet a cinquante-cinq ans. Amateur de jolies filles, célibataire et père de la charmante Mary, il jouit en dilettante d’un héritage confortable : il s’agit de profiter de la quiétude estivale, sur les côtes normandes, pour se lancer dans l’écriture. John cherche un incipit, John s’enferre dans les affres de la page blanche, tout en rêvant de gloire littéraire. Las ! Sa fille débarque avec une très attirante camarade et de piquants démêlés amoureux ; les notables locaux lancent des invitations de convenance ; une vedette de la télé vient promouvoir un roman à succès. Les entraves du quotidien embarrassent notre écrivain. Qui s’accroche pourtant à son projet : « Un roman forcément destiné à être remis à un éditeur dans une chemise cartonnée extensible à sangle de nylon. Un roman destiné à être publié dans la collection “Blanche” de Gallimard exclusivement. Un roman à la Gary, à la Modiano, à la Le Clézio ou à la Kundera, avec un beau titre simple et grandiose, du genre Le Bel Été. » Scènes de la vie de province et satire des milieux parisiens… tout s’organise, dans l’ironie et la distance, autour d’un mini-drame local : le voisin de John veut percer un trou dans le mur mitoyen pour jouir de la « vue sur mer ».

Si le roman offre quelques jolies descriptions des plages du Nord-Cotentin, Fargues se tourne plus volontiers vers quelques bons morceaux satiriques : malentendus familiaux, savoureuse rencontre avec l’improbable auteur du Sanglot madécasse, visite aux Parisiens bobos, comme autant de tableaux, acides et ensoleillés, de notre été normand.

Nicolas Fargues, Le Roman de l’été,
POL, août 2009, 324 p., 19,50 €.

Article publié dans le Normandie Magazine N° 233  du 23 décembre 2009.

Gwenaëlle Ledot

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